Alicia,
Chargée de billetterie au Centre Culturel de Braine-l’Alleud
| Interview réalisée en octobre 2025 |
Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours scolaire ?
J’ai commencé par des études secondaires générales. Ensuite, j’ai exploré plusieurs pistes : j’ai d’abord fait un an en traduction-interprétation, mais cela ne m’a pas plu. Puis, j’ai suivi trois années d’institutrice primaire, sans aller jusqu’au bout, car cela ne me correspondait pas non plus. Finalement, je me suis orientée vers un bachelier en communication à Charleroi. En troisième année, j’ai choisi l’option communication culturelle, ce qui m’a amenée à devenir bénévole à l’Éden (Centre Culturel de Charleroi), où je m’occupais de l’accueil du public.
Quelles ont été vos expériences professionnelles avant votre emploi actuel ?
L’Éden m’a engagée après mes études, juste avant la crise du coronavirus. J’y gérais la billetterie et la communication. Ensuite, j’ai travaillé pendant un peu moins d’un an à la Mutualité chrétienne, dans un domaine totalement différent. Puis, j’ai postulé au Centre Culturel de Braine-l’Alleud, où j’occupe aujourd’hui un poste plus complet que celui que j’exerçais à l’Éden.
En quoi consiste votre travail ?
Je suis chargée de la billetterie, mais je fais également du secrétariat, de la communication et un peu de gestion de projet. Mon travail varie selon les périodes. Avant le lancement de la saison, je fais beaucoup de billetterie, pour encoder tous les spectacles, les abonnements, etc. En dehors de cette période, la billetterie est moins intense : je vérifie les paiements, j’envoie les tickets, je réponds au téléphone, j’accueille les visiteurs et je réserve les places selon les demandes.
Lors des événements, je scanne les billets et j’en vends sur place. Puis, je fais les comptes, le rapport et les analyses pour la comptabilité. Toute l’équipe est formée à la billetterie, mais je reste la personne de référence.
Pourquoi avoir choisi ce métier ?
Je ne savais pas trop quoi faire au départ. J’ai découvert la communication un peu par hasard, et j’ai aimé le fait qu’on puisse toucher à plein de choses. En devenant bénévole à l’Éden, j’ai découvert le milieu culturel. C’est plus par amour de la culture que par vocation pour la billetterie. Personne ne rêve enfant de devenir agent de billetterie, pourtant c’est un métier très chouette quand on aime le théâtre, la musique et le contact avec le public.
Quels sont les aspects positifs et négatifs de votre profession ?
Ce que j’aime, c’est la diversité. Je fais 3 métiers en 1 : billetterie, secrétariat/administratif et communication. Être derrière mon ordinateur m’apaise, accueillir et discuter avec le public me donne de la joie et j’apprécie également la partie créative liée à la communication.
Un autre aspect positif est la flexibilité des horaires. Cependant, il faut être disponible en soirée et le week-end pour certains événements.
Côté négatif, c’est parfois difficile de jongler entre les différents rôles, surtout en période de rush. Il faut être très concentrée, notamment pour l’encodage, et savoir poser ses limites. Je ne suis pas très résistante au stress, mais je sais déléguer et prioriser.
Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?
Il faut être flexible, disponible le week-end, aimer le contact humain, savoir gérer plusieurs tâches et être passionné par ce qu’on propose. Ce n’est pas juste vendre des billets, c’est transmettre de la culture. Il faut aimer le théâtre, la musique, etc. Et surtout, il faut aimer les gens.
Avec qui collaborez-vous ? Est-ce un travail d’équipe ?
Oui, c’est un vrai travail d’équipe. Nous sommes huit (sans compter la régie). Tout le monde peut gérer une billetterie basique. Souvent, mes collègues font un petit topo avec moi avant et/ou après un événement. On se répartit les accueils et les événements selon les disponibilités et les horaires de chacun. Je travaille aussi avec la comptable pour les rapports.
Quelles sont vos conditions de travail ?
Je suis à temps plein, avec un horaire de base de 9 h à 17 h, mais très flexible. On adapte selon les événements. J’ai déjà travaillé tous les jours à toutes les heures. Si je travaille en soirée, je décale ma journée en commençant plus tard. On organise deux à trois réunions d’équipe par saison pour répartir les accueils (billetterie, bar, ouverture des portes, etc.). J’ai 5 jours de télétravail par an.
La billetterie se fait principalement sur place, au centre, mais il m’arrive de la gérer dans un autre bâtiment. Même si la plupart des événements extérieurs sont gratuits (donc sans billetterie), je me déplace parfois, notamment à l’académie de musique pour des spectacles scolaires.
Voyez-vous des évolutions dans votre profession ?
J’ai remarqué qu’on a de moins en moins besoin de moi pour faire une réservation, surtout depuis le COVID. Les personnes qui viennent vers moi sont souvent celles qui n’ont pas accès à un ordinateur, les personnes âgées ou celles qui préfèrent le contact humain.
Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui a envie de se lancer dans ce métier ?
Être flexible, aimer le contact humain, savoir gérer plusieurs tâches et surtout être passionné par le contenu culturel. Il faut aimer ce qu’on propose, pas juste savoir utiliser un ordinateur. Et il est important d’être prêt à travailler en dehors des horaires classiques.
Avez-vous une anecdote ?
Oui ! Une dame âgée, habituée, m’a demandé de l’aide pour un spectacle qui n’était pas programmé chez nous. J’ai contacté le réalisateur, trouvé les dates ailleurs, et je lui ai préparé tout un itinéraire détaillé (bus, train, rues à traverser…). Mes collègues se moquent gentiment de moi car je suis très serviable, mais j’aime ça : derrière chaque billet, il y a une personne avec ses besoins. Il faut aimer les gens pour faire ce métier.