Livio Festini,
Electricien instrumentiste

Interview réalisée en juin 2020

Quel est votre métier, quelle(s) appellation(s) lui donnez-vous ? 

Pour le métier d'électricien instrumentiste, plusieurs appellations peuvent être utilisées, notamment dans l'industrie, la maintenance et les services techniques. Voici quelques-unes des appellations courantes :  automaticien de maintenance, technicien de maintenance en automatisme, agent de maintenance automaticien ou encore opérateur instrumentiste. 

Quel a été votre parcours de formation ? 

Le parcours pour devenir électricien instrumentiste en Belgique est assez structuré, combinant éducation technique, formation pratique et éventuellement, une spécialisation. 

À l'âge de 15 ans, j'ai choisi de m'orienter vers une filière technique en électromécanique dans une école secondaire de ma région. Pendant 4 ans, j'y ai appris les bases de l'électricité, de l'électronique et de la mécanique. J'ai passé beaucoup de temps dans l'atelier de l'école, où j'ai monté des circuits électriques, effectué des travaux de soudure, et appris à lire des plans techniques. 

J'ai décidé de continuer mes études avec un bachelier professionnalisant en automatisation à la Haute École de la Province de Liège (HEPL). Pendant ces 3 années, j'ai approfondi mes connaissances en instrumentation, en systèmes de contrôle, et en automatisation. 

J’ai très vite décroché un emploi. 

Même avec de l’expérience, je continue à me former en permanence. Je suis passionnée par mon métier, et je sais que la formation continue est la clé pour évoluer et rester compétitive dans ce domaine ! 

Quelles sont vos tâches quotidiennes ? 

Mes tâches quotidiennes dans l’industrie pharmaceutique et biotechnologique en tant qu'électricienne instrumentiste consistent principalement à assurer la maintenance préventive des instruments de mesure et de contrôle. Chaque jour, je vérifie les capteurs, débitmètres, et autres appareils de mesure pour m'assurer qu'ils fonctionnent correctement et sont bien calibrés, afin d'éviter les pannes et d'assurer une production fluide. 

Je suis également chargée du diagnostic et du dépannage en cas de problème. Lorsqu'un équipement présente un dysfonctionnement, j'interviens pour identifier rapidement la source de l'erreur et effectuer les réparations nécessaires, que ce soit en remplaçant des pièces défectueuses ou en ajustant des paramètres techniques. 

En plus de cela, je m'occupe de la calibration et de l'ajustement des instruments pour garantir leur précision.  

Je dois souvent documenter mes interventions en rédigeant des rapports techniques et en mettant à jour les dossiers de maintenance. Cela permet de suivre l'état des équipements et de planifier les futures interventions de manière proactive.

Comment travaillez-vous (horaires, cadre de travail, etc.) ? 

Je travaille généralement en horaires réguliers, mais des interventions en soirée ou le week-end peuvent être nécessaires en cas d'urgence. 

Je collabore étroitement avec d'autres techniciens et ingénieurs pour assurer la précision des systèmes. Chaque intervention est documentée dans des rapports pour assurer un suivi rigoureux et planifier les prochaines étapes de maintenance. Mon approche est proactive, visant à prévenir les pannes et à optimiser la fiabilité des équipements. 

Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir exercer ce métier ?  

Dans ma jeunesse, j'étais curieux de comprendre comment fonctionnaient les machines et les systèmes autour de moi. J'étais fasciné par la précision des machines et des systèmes industriels en général. Je savais aussi que l’électricité était un domaine avec beaucoup de débouchées. Alors je me suis lancé. 

Quels sont les aspects positifs du métier ? 

Un matin, en arrivant à l'usine, j'ai été informé qu'un capteur essentiel à la production d'une chaîne était défaillant. Sans ce capteur, le processus risquait de s'arrêter. Après une analyse, j'ai identifié le problème. J'ai recalibré l'instrument, vérifié les mesures, et tout est reparti comme sur des roulettes. 

En voyant la production reprendre, j'ai ressenti une immense satisfaction. C'est dans ces moments que je me rappelle pourquoi j'aime ce métier : la capacité à résoudre des problèmes complexes, l'importance de mon rôle dans la facilité des opérations, et surtout, la reconnaissance de mes collègues pour avoir évité une panne. Ce genre de défi quotidien, où chaque intervention compte vraiment, est ce qui rend mon travail si passionnant. 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans ce métier ? 

Je lui conseillerais de cultiver sa curiosité pour la technologie, d'être minutieux dans son travail, et de ne jamais cesser d'apprendre. Ce métier demande une bonne capacité d'analyse, de la précision, et une aptitude à résoudre des problèmes techniques. Il est aussi important d’aimer travailler en équipe et d'apprécier le travail manuel. Enfin, je pense que se former en continu est essentiel pour rester compétent et performant.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.