Mr François Coune,
Influenceur littéraire

Interview réalisée en mars 2026

Influenceur littéraire sous le pseudonyme livraisondemots

Vous êtes influenceur littéraire, pouvez-vous expliquer en quoi cela consiste et nous expliquer votre parcours ?

J’ai créé cette page Instagram dans la nuit du 17 au 18 mars 2018, il y a un peu plus de huit ans. C’est assez précis mais je m’en souviens très bien car c’est à ce moment-là que j’ai mis mon point final à mon travail de fin d’études qui portait sur la prescription des booktubeurs, ces personnes qui parlent de livres sur la plateforme YouTube.
J’ai pu en faire mon métier à temps plein, même si je m’y consacrais déjà avant en grande partie, aux alentours du premier confinement, après 2 ans et demi de création. A force d’être sollicité, mis en avant et contacté, ce métier passion s’est imposé. Il ne faut pas croire que l’influence littéraire est un métier où l’on gagne des millions, c’est loin d’être le cas !  

Pourquoi avez-vous opté pour cette forme de critique littéraire ? Et quelles sont les différences avec un critique littéraire plus « classique » ?

Parce que j’ai toujours aimé l’image et que je trouvais ça chouette d’avoir les livres liés à l’image et qu’Instagram, qui est un réseau social de l’image, permet ça. De plus, je dirais que contrairement aux critiques littéraires classiques je suis beaucoup plus libre de parler de ce que je veux, quand je veux. Et évidemment, le fait de parler de livres sur les réseaux, de me mettre en scène, de me montrer, fait que tout ça est très humain et incarné, et je crois que c’est ce que les gens recherchent aujourd’hui.

À quoi ressemble votre journée-type de travail ?

Et bien je vais peut-être te décevoir, mais il n’y en a pas ! Si ce n’est que je m’impose 4 heures de lecture par jour (parfois, c’est impossible en fonction d’événements, par exemple) je n’ai pas vraiment deux journées qui se ressemblent, ou presque pas. J’ai beaucoup de mails à traiter (généralement en matinée) et je rédige mes contenus en après-midi/soirée.

Qu’aimez-vous le plus dans votre travail ?

C’est peut-être bête à dire mais c’est pourtant l’essentiel : lire. Et découvrir de nouvelles histoires, de nouvelles plumes, de nouvelles cultures. De voyager à l’autre bout du monde tout en restant dans mon canapé. Ce que j’aime aussi c’est de pouvoir moduler mon agenda comme je l’entends.

Et qu’aimez-vous le moins ?

L’administratif, sans aucun doute, même s’il est essentiel.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans la critique littéraire ?

Osez, c’est sans aucun doute mon premier conseil. Ne le faites pas pour l’argent, sinon dirigez-vous dans un autre domaine et surtout, soyez-vous-mêmes, respectez-vous.

Faites-vous des critiques spontanées ou tout fonctionne-t-il via des partenariats ?

Il y a des partenariats rémunérés, qui sont ceux que je privilégie, car ils me permettent de vivre, et il y a aussi beaucoup de contenus non rémunérés. Environ 10 à 15% de mes contenus sont rémunérés. 

Lisez-vous différemment lorsque vous allez produire une critique ou lorsque c’est une lecture juste pour le plaisir ?

Absolument pas, je reste libre et toutes mes lectures, qu’elles soient rémunérées ou non, restent du plaisir. 

Devez-vous lire de tout pour réaliser vos critiques ou vous concentrez-vous sur vos genres littéraires favoris ?

J’aime rester dans ma zone de confort mais j’aime en sortir parfois pour découvrir de nouvelles choses. C’est vraiment au cas par cas, et selon mes envies. Par exemple, avant je ne lisais pas du tout de romans noirs, il s’avère qu’aujourd’hui j’en lis de plus en plus, et j’aime ça.

Comment se passe la collaboration avec les maisons d’édition ?

C’est vraiment au cas par cas, mais je fonctionne beaucoup à la relation. On échange souvent énormément avant d’entamer une collaboration ensemble. Je privilégie les collaborations sur le long terme et je travaille aujourd’hui avec une cinquantaine de maisons d’édition.

Remarquez-vous une évolution de votre métier depuis que vous avez commencé ? Comment vous adaptez-vous au changement permanent sur les réseaux sociaux ?

Évidemment, tellement, et heureusement. Mais cela reste un métier qui doit encore gagner en crédibilité. Il y a des dérives dans tous les domaines et l’influence en fait partie. Mais par exemple, je constate que les maisons d’édition sont davantage prêtes à disposer de budgets pour la promotion de leur catalogue, et plus qu’avant. 

Je remarque aussi que le fait de travailler sur les réseaux sociaux est synonyme de renouvellement, en continu. Que je dois m’adapter aux formats et aux modes, parfois. Mais j’aime ce que je fais, et ça, c’est quand même le comble du bonheur. 

Je pense qu’aujourd’hui, les créateurs.trices de contenus littéraires ont une place plus qu’importante. J’ose même dire que certains livres se sont fait connaître grâce à eux, grâce à elles. Il suffit de voir le nombre d’auteur.e.s remerciant les blogueurs.euses dans leurs livres, de voir combien de maisons d’édition ont un.e responsable pour les relations avec les blogueurs.euses. C’est un nouveau maillon de la chaîne à apprivoiser.

Une anecdote ? 

J’ai déjà croisé plusieurs libraires me confiant faire leur mise en place en librairie en fonction de ce que je postais sur les réseaux sociaux ! 
 

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.