Mme Céline Marquant,
Agente de voyages pour Stéphanie Travel

Interview réalisée en octobre 2025

Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours scolaire ?

J’ai suivi des études secondaires en option économie, puis j’ai obtenu un bachelier en marketing à Mons. Cependant, ne maîtrisant pas suffisamment les langues, je n’ai pas trouvé d’emploi dans ce domaine. Attirée par le secteur du tourisme, j’ai alors suivi une formation en cours du soir au centre IFAPME de Tournai pour devenir agente de voyage. 

Quelles ont été vos expériences professionnelles avant votre emploi actuel ?

Avant de travailler en agence, j’ai occupé plusieurs postes : à la ville, à la Maison du Tourisme, dans une entreprise de transport et logistique, ainsi que dans les bureaux d’une usine. Il s’agissait principalement de remplacements ou de contrats à durée déterminée. Ces expériences m’ont permis de rester active et d’acquérir des compétences, même si elles n’étaient pas directement liées au domaine que je visais.

En quoi consiste votre travail ? Comment cela s’organise-t-il ?

C’est un métier très dynamique. Dès mon arrivée, je consulte mes mails, mais je suis souvent interrompue par des appels ou des clients qui entrent en agence. Je réalise des devis, assure le suivi des dossiers (réservations, formalités), vérifie les factures et relance les assurances. Chaque jour est différent selon les demandes. Par exemple, récemment, un client souhaitait organiser un road trip en Islande. J’ai conçu un programme sur mesure tout en consultant un prestataire spécialisé pour proposer plusieurs options adaptées à ses besoins.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

J’ai toujours aimé voyager, découvrir des hôtels et des destinations. Je suis très curieuse. À l’origine, je voulais travailler dans le marketing touristique, mais les postes sont souvent situés dans les grandes villes et exigent une bonne maîtrise des langues. J’ai donc tenté l’expérience en agence, et finalement, cela me plaît énormément.

Quels sont les aspects positifs et négatifs de votre profession ?

Les points positifs : la diversité des demandes, le contact avec la clientèle, l’apprentissage continu, et les voyages d’étude (comme mon prochain départ en Thaïlande).

Les points négatifs : la pression liée aux attentes des clients, les interruptions fréquentes, le travail le samedi et des horaires qui se terminent rarement avant 18h.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut être curieux, bien organisé, avoir une excellente mémoire (pour les destinations, formalités, préférences des clients), savoir gérer plusieurs tâches en parallèle (mails, téléphone, accueil), être sociable et capable de vendre même sans connaître parfaitement le produit.

Est-ce un travail d’équipe ? Avec qui collaborez-vous ?

Je travaille avec mes collègues en agence, mais aussi avec des prestataires et des tours opérateurs. Étant une agence indépendante, nous avons la liberté de choisir nos partenaires. Pour chaque destination, nous disposons d’une liste de prestataires fiables.

Quelles sont les conditions de travail ?

Je travaille en agence avec des horaires fixes : jusqu’à minimum 18h et également le samedi. Ce rythme peut être contraignant pour la vie personnelle, mais c’est le fonctionnement habituel du secteur. Les clients viennent souvent après leur journée de travail ou le week-end.

Comment se porte le secteur du tourisme en Belgique ?

Malgré la hausse des prix, les gens continuent de voyager. Ils réduisent leurs dépenses ailleurs pour préserver ce plaisir. Nous avons tous les profils : des budgets de 500 € jusqu’à des voyages à 5000 € par personne. Beaucoup reviennent en agence après une expérience en ligne décevante, à la recherche d’un contact humain et de solutions personnalisées.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui a envie de se lancer dans ce métier ?

Je lui conseillerais d’être curieux, de s’informer en permanence, d’avoir une bonne mémoire, d’être organisé et sociable. Il faut aimer le contact humain, savoir gérer la pression et être capable de conseiller et vendre même sans tout connaître. C’est un métier vivant, mais exigeant.

Avez-vous une anecdote ?

Récemment, un vol retour a été annulé le jour même. Les clients nous ont appelés paniqués, et même si c’était un dimanche, nous avons trouvé une solution pour les faire rentrer le lendemain. Nous avons aussi eu des retours très positifs d’un circuit en Polynésie : tout était organisé, les clients n’avaient qu’à suivre leur roadbook. Ce genre de retour fait vraiment plaisir.

 
SIEP.be, Service d'Information sur les Études et les Professions.